Les suites numériques en première se lisent et se calculent pas à pas
Par Soraya Kermadec

Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres repérés par un indice entier, comme u₀, u₁ ou uₙ. En première, on apprend à calculer ses termes à partir d’une formule ou d’une relation de récurrence, puis à reconnaître les suites arithmétiques et géométriques.
Entre u₀ et u₁, une erreur d’indice peut modifier tous les calculs suivants. Les suites numériques demandent donc d’abord une lecture attentive de l’énoncé : quel est le premier terme, la formule donne-t-elle directement uₙ, ou faut-il utiliser le terme précédent ? Cette méthode progressive aide à distinguer une différence d’un quotient, à calculer des termes avec rigueur et à contrôler un résultat avant de conclure.
Les suites numériques : définition, indices et notations
Une suite numérique est une succession ordonnée de nombres : à chaque entier naturel correspond un nombre réel, appelé terme de la suite. On la note souvent (un) et le terme de rang n s’écrit un. Le rang indique une position dans la succession : il faut donc repérer si l’énoncé commence à u0 ou à u1. Une formule explicite donne directement un en fonction de n. Une définition par récurrence relie au contraire un terme au précédent : il faut alors connaître le terme initial et avancer rang après rang. Sur un graphique, une suite apparaît par des points isolés, car seuls les indices entiers ont un sens.
Lire correctement le premier terme
u0 et u1 sont deux termes différents. Avec un = 3n + 2, on obtient u0 = 3 × 0 + 2 = 2, tandis que u1 = 3 × 1 + 2 = 5. L’indice n est une position dans la suite, et non un exposant : u1 ne signifie pas « u puissance un ».
Calculer les termes d’une suite pas à pas
Avant de calculer un, identifiez la définition : une formule explicite demande une substitution, alors qu’une récurrence exige des calculs successifs. Cette distinction évite de vouloir trouver directement un terme qui dépend d’abord de ses prédécesseurs.
- Repérez le terme initial et son indice.
- Identifiez une formule explicite ou une relation de récurrence.
- Écrivez la substitution, ou chaque terme intermédiaire nécessaire.
- Conservez les parenthèses, surtout avec des nombres négatifs.
- Vérifiez que le résultat respecte la définition donnée.
Les erreurs courantes sont la confusion entre un et un+1, l’oubli d’un n dans une formule, une étape sautée dans une récurrence ou un départ au mauvais rang. Une ligne de calcul par terme rend le raisonnement lisible et contrôlable.
Exemple original : une suite définie par récurrence
Hypothèses : u0 = 5 et un+1 = 1,2un − 3.
Calculs : u1 = 1,2 × 5 − 3 = 3 ; u2 = 1,2 × 3 − 3 = 0,6 ; u3 = 1,2 × 0,6 − 3 = −2,28.
Conclusion : le troisième terme après u0 est u3 = −2,28. Vérification : en remplaçant u2 par 0,6 dans la relation, on retrouve bien −2,28.

Suites arithmétiques et géométriques : reconnaître la bonne règle
Une suite arithmétique avance en ajoutant toujours la même raison r : un+1 = un + r. Si le premier terme est u0, alors un = u0 + nr. Une suite géométrique avance en multipliant toujours par la même raison q : un+1 = qun, donc un = u0qn. Si l’énoncé commence à u1, les expressions s’adaptent en utilisant n − 1. Ajouter une quantité fixe n’est pas la même chose qu’appliquer une évolution en pourcentage : cette dernière correspond à une multiplication.
| Type | Opération répétée | Test de reconnaissance | Expression avec u0 | Exemple de raison |
|---|---|---|---|---|
| Arithmétique | Ajouter r | Différences constantes | un = u0 + nr | r = 4 |
| Géométrique | Multiplier par q | Quotients constants | un = u0qn | q = 2 |
Différence ou quotient : le test qui évite les confusions
Pour 7 ; 11 ; 15 ; 19, les différences sont 4, puis 4, puis 4 : la suite est arithmétique de raison 4. Pour 3 ; 6 ; 12 ; 24, les quotients sont 2, puis 2, puis 2 : elle est géométrique de raison 2. Un quotient ne peut être calculé que si le terme diviseur est non nul. Certaines suites ne vérifient aucun des deux tests.
Sommes de termes et sens de variation d’une suite
Avant d’utiliser une formule de somme, comptez les termes : de up à un, il y en a n − p + 1. Pour une suite arithmétique, la somme vaut le nombre de termes multiplié par la moyenne du premier et du dernier : S = nombre de termes × (premier terme + dernier terme) / 2. Pour une suite géométrique de premier terme u0, si q est différent de 1, la somme de u0 à un vaut u0(1 − qn+1) / (1 − q).
Pour le sens de variation, une suite arithmétique est croissante si r est positif et décroissante si r est négatif. Une suite géométrique à termes positifs est croissante lorsque q est supérieur à 1, et décroissante lorsque q est compris entre 0 et 1. D’autres situations demandent une analyse particulière.
Vérifier une somme arithmétique par un calcul direct
Soit une suite arithmétique telle que u1 = 8 et r = 3. On cherche la somme de u1 à u5. D’abord, u5 = 8 + 4 × 3 = 20. Il y a cinq termes, donc S = 5 × (8 + 20) / 2 = 70. Vérification directe : 8 + 11 + 14 + 17 + 20 = 70. Les deux méthodes concordent.
Vérifier ses calculs et s’entraîner sur les suites numériques
Une vérification efficace porte sur l’indice initial, les parenthèses, l’accord entre la définition et le terme obtenu, la constance des différences ou des quotients, puis le comptage des termes dans une somme. Pour vous entraîner, calculez d’abord plusieurs termes à partir d’une formule explicite ; construisez ensuite une suite par récurrence ; identifiez enfin une suite arithmétique et calculez une somme de termes consécutifs.
Ces réflexes préparent aussi à relier une suite à une fonction : le rang joue un rôle comparable à une entrée, mais il reste entier. Lorsque les rangs deviennent grands, observer les termes aide à développer une intuition sur le comportement de la suite.
Méthode de relecture avant de conclure
Dans une copie, séparez les hypothèses, les calculs et la conclusion. Réécrivez d’abord la relation avec les bons indices : pour obtenir u3, il faut employer la relation reliant u3 à u2. Remplacez ensuite les valeurs, puis concluez avec le terme ou la somme demandée. Pour consolider les manipulations, recherchez aussi un cours de calcul littéral ou de fonctions au lycée, ainsi que des exercices de suites numériques de Première sur MathExams lorsqu’ils sont disponibles.
Pour travailler les suites numériques, commencez toujours par noter l’indice initial et le mode de définition. Calculez ensuite quelques termes successifs, comparez les différences ou les quotients, puis vérifiez que les résultats respectent la relation donnée. Cette démarche limite les confusions entre formule explicite, récurrence, suite arithmétique et suite géométrique.
Questions pratiques
Qu’est-ce qu’une suite numérique ?
Une suite numérique associe un nombre à chaque rang entier. Ses termes sont notés u0, u1, u2 ou selon un autre indice initial précisé dans l’énoncé. Le rang indique une position, ce qui distingue une suite d’une fonction définie sur tous les réels.
Comment calculer une suite numérique ?
Commencez par relever le terme initial et le type de définition. Avec une formule explicite, remplacez n par le rang voulu. Avec une récurrence, calculez les termes successifs depuis le départ. Terminez en remplaçant le résultat dans la formule ou la relation pour le contrôler.
Comment calculer la somme d’une suite arithmétique ?
Comptez d’abord les termes concernés. Multipliez ensuite ce nombre par la moyenne du premier et du dernier terme : S = nombre de termes × (premier + dernier) / 2. Cette formule est adaptée aux termes consécutifs d’une même suite arithmétique.
Comment savoir si une suite est arithmétique ou géométrique ?
Calculez les différences entre termes consécutifs : si elles sont constantes, la suite est arithmétique. Calculez les quotients lorsque les termes diviseurs sont non nuls : s’ils sont constants, la suite est géométrique. Si aucun test ne fonctionne, elle peut n’être ni l’une ni l’autre.
Quelles suites sont à la fois arithmétiques et géométriques ?
Les suites constantes non nulles sont à la fois arithmétiques, de raison nulle, et géométriques, de raison égale à 1. La suite constamment nulle est aussi arithmétique ; elle peut satisfaire une relation géométrique, mais le test par quotient ne s’y applique pas car il faudrait diviser par zéro.
Dernière mise à jour : 25.07.2026




